Dès le lendemain de la fête du Baptême du Seigneur (Lundi 10 janvier 2022) et jusqu'à la veille du Mercredi des Cendres (le 2 mars 2022), nous entrons dans un nouveau cycle 7 semaines du Temps Ordinaire ou PER ANNUM ! Alors que nous sommes encore "baignés" dans le mystère de la Nativité du Christ dont le cycle liturgique, dans sa forme ordinaire, se termine avec la solennité de l’Épiphanie, l'Eglise nous invite à entrer dans ce temps de préparation  du Carême.

3To AdorateDeumAdorate Deum
Adorez Dieu, vous tous, ses anges ; Sion a entendu et s'est
réjouie, et les filles de Juda ont exulté.
V. Le Seigneur est roi, exulte la terre : joie pour les îles sans
nombre. (Ps 96, 7-8 et 1)

L'adoration figure pour la troisième fois à l'ordre du jour avec ce troisième introït "épiphanique" qui met d'emblé le verbe adorare  à l'affiche. Suivons encore une fois Amalaire, qui, dans son commentaire groupé des dimanche après l'Epiphanie opère  un recentrement  christologique du texte :

La semaine où 1”on célèbre la Présentation du Seigneur, on chante : Adorate Deum omnes angelí eíus. De là vient que l'Apôtre dit: «Pour qu'au nom de jésus tout genou fléchisse, au ciel, sur terre et aux enfers » (Ph 2, 10). Dans son commentaire de l'épître aux Philippiens, Ambroise fait ce commentaire: «Il lui a accordé le don en vertu duquel tous l'adorent et tous confessent comme Dieu Jésus fait Christ dans la gloire de Dieu le Père, c'est-à-dire ayant obtenu une gloire telle qu'elle convenait à celui qui revendiquait Dieu comme son Père, à cause du lien que le Père entretient avec son Premier-né. » Et un peu plus loin: «Il (l'Apôtre) désigne par êtres célestes les puissances invisibles. Et Pierre déclare du même Fils de Dieu: «Lui qui, passé au ciel, est à la droite de Dieu, après s'être soumis les Anges, les Dominations et les Puissances »  (1P 3, 22). Aussi Bède dit-il dans son commentaire de la même épître de Pierre: «Aucun doute que les Anges, les Vertus et les Puissances de la patrie céleste ne fussent toujours soumises au Fils de Dieu, elles qui le louent, le révèrent avec tremblement et l'adorent dans son unité sans commencement avec le Père et le Saint~Esprit. Mais le bienheureux Pierre a estimé nécessaire de signaler que l'humanité assumée a été élevée à une telle gloire par la résurrection que la cime incomparable qu'elle atteint la «situe bien au delà de toute grandeur angélique. Cet introït inclut l'Hypapante dans sa semaine propre, ou bien commence à être chanté huit jours avant celle-ci, à moins que la Septuagésime ne soit déjà entamée, en raison de la date précoce de Pâques." (Amalaire de Metz, libber officialisIV, 332, 11-13)

 0n notera au passage le lien étroit - théologique, et non pas seulement chronologique - que le liturgiste carolingien etablit entre notre introït Adorate Deum et la fête de la Présentation, éminemment théophanique elle aussi. (père F. Cassingena-Trévidy, Chante et Marche, Introït I, pages 277-278)

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4ToC LaeteturLaetetur cor quaerentium Dominum : 
quaerite Dominum, et confirmamini :

quaerite faciem eius semper.
Ps. : Confitemini Domino, et invocate nomen eius : 
annuntiate inter gentes opera eius.

Que le cœur de ceux qui cherchent le Seigneur se réjouisse : 
cherchez le Seigneur, et soyez affermis : 
cherchez sans cesse sa face. (Psaume 104, 3, 4)
Ps. : Acclamez le Seigneur, et invoquez son nom: 
annoncez ses œuvres parmi les nations. (Psaume 104, 1)

"Deux thèmes spirituels se conjuguent dans le texte de ce bel introït : la joie et la recherche de Dieu. La joie comme récompense ; la recherche de Dieu comme l'activité privilégiée qui mérite cette récompense.

Avant d'être un thème privilégié de la spiritualité monastique,« quærere Deum »est un thème scripturaire. Les psaumes, en particulier, utilisent abondamment cette expression ou d'autres analogues. Le verbe chercher est mis en relation, dans l'Écriture, avec différents compléments : Dieu, bien sûr, son visage, sa gloire, sa volonté, sa loi, ses commandements, sa justice, son royaume mais aussi la sagesse, le bien, etc.... " Lire la suite >>>


Pour ce dimanche c'est le verset de  l'Alléluia qui nous sert de fil conducteur du point de vue thématique, aux dimanches qui suivent  l’Épiphanie. L'offertoire Bonum est et la communion Illumina nous donne déjà un avant-gout de l'ancienne Septuagésime. "Avec les deux dernière pièces chantées notre 4ème dimanche du Temps Ordinaire se rappelle donc à notre oreille, encore que fort discrètement, le basculement qui se faisait basculer jadis l'année liturgique du Temps de l’Épiphanie, ou, pour user d'une métaphore géographique, du "bassin fluvial" de Noël à celui de Pâques"  (Chante et Marche, père Cassingéna-Trévedy)

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