Le Temps Ordinaire A - 2ème partie- 2026
Dès le lendemain de la solennité de la Pentecôte nous entrons dans un nouveau cycle de 26 semaines du temps ordinaire ou PER ANNUM, durant lesquelles l'Esprit de la Pentecôte restera présent dans l'Eglise. Il débute avec deux fêtes d'exception, deux solennités :
- Celle de la Très Sainte Trinité, fondement de notre foi en Dieu trine : Père, Fils et Saint-Esprit
- Celle ensuite du Corps et du Sang du Christ, connue comme la Fête-Dieu .
Apres ces deux grandes fêtes suivent une série de 24 dimanches dits du Temps Ordinaire.
Nous présentons semaine après semaine, une description sommaire, des liens pour que vos puissiez lire et méditer des textes et vous imprégner des chants
XXVIIIe Dimanche du Temps Ordinaire A, 11 octobre 2026
Si iniquitates observaveris Domine, Domine quis sustinebit ?
Quia apud te propitiatio est, Deus Israel. (Ps 129, 3.4)
Ps. : De profundis clamavi ad te, Domine : Domine, exaudi vocem meam. (Ps 129, 1.2)
Si tu retiens nos iniquités, Seigneur, Seigneur, qui pourra subsister ? Car près de Toi est le pardon, Dieu d'Israël.
Ps. : Des profondeurs j’ai crié vers Toi, Seigneur : Seigneur, exauce ma voix.
"Cet introït assez bref est emprunté à un psaume célèbre, le De profundis, qui est surtout connu pour avoir amplement fourni matière à la prière de l’Église dans la liturgie des défunts. Il a aussi été retenu par l’Église dans la liste des sept psaumes de la pénitence.
C'est un psaume de confiance dans le pardon divin qui convient bien, effectivement, à l'âme placée en situation d'extrémité, que ce soit celle de la vie corporelle ou celle de la vie spirituelle. Le mourant comme le pécheur, conscients d'être plongés dans les ténèbres ou dans les profondeurs morales de la réalité humaine, se tournent, dans un ultime recours, vers le Seigneur qui est tout puissant et qui aime.
Ce psaume est un bel acte de foi en la puissance de salut qui se trouve en Dieu seul, puissance de salut qui est aussi puissance de pardon... " Lire la suite >>>
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XXIXe Dimanche du Temps Ordinaire A, 18 octobre 2026

Respice in me et miserere mei, Domine: quoniam unicus et pauper sum ego: vide humilitatem meam et laborem meum: et dimitte omnia peccata mea, Deus meus.
Ps. : Ad te, Domine, levavi animam meam: Deus meus, in te confido, non erubescam.
Rappelle-toi, Seigneur, ton alliance, et n'oublie pas pour toujours la vie de tes pauvres. Lève-toi, Seigneur, défends ta cause, et n'oublie pas les cris de ceux qui te cherchent.
Ps. : Pourquoi, Dieu, nous rejeter pour toujours, pourquoi cette fureur contre les brebis de ton pâturage ?
Respice Rappelle-toi ; Ce mot revient fréquemment dans la liturgie. En ce jour dans l'introït il sonne non pas pour l'individu ME (moi) mais pour tout un peuple. Rappelle-toi de ton Alliance ! Pour aller plus loin >>>
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XXXe Dimanche du Temps Ordinaire A, 25 octobre 2026
Laetetur cor quaerentium Dominum : quaerite Dominum, et confirmamini : quaerite faciem eius semper.
Ps. : Confitemini Domino, et invocate nomen eius : annuntiate inter gentes opera eius.
Que le cœur de ceux qui cherchent le Seigneur se réjouisse : cherchez le Seigneur, et soyez affermis : cherchez sans cesse sa face. (Ps. 104, 3, 4 zt 1)
Ps. : Acclamez le Seigneur, et invoquez son nom: annoncez ses œuvres parmi les nations.
"Deux thèmes spirituels se conjuguent dans le texte de ce bel introït : la joie et la recherche de Dieu. La joie comme récompense ; la recherche de Dieu comme l'activité privilégiée qui mérite cette récompense.
Avant d'être un thème privilégié de la spiritualité monastique,« quærere Deum »est un thème scripturaire. Les psaumes, en particulier, utilisent abondamment cette expression ou d'autres analogues. Le verbe chercher est mis en relation, dans l'Écriture, avec différents compléments : Dieu, bien sûr, son visage, sa gloire, sa volonté, sa loi, ses commandements, sa justice, son royaume mais aussi la sagesse, le bien, etc.... "
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Solennité de Tous les Saints, 1er Novembre
La fête de tous les Saints a ses origines diverses et diversifiées.
La première origine remonte au IVe siècle dans l'Église Orientale qui honore le dimanche après la Pentecôte ses Saints Martyrs. Il en est ainsi pour Rome au Ve siècle.
Au VIIIe siècle le pape Grégoire III introduit cette fête à Rome et l'étend à Tous les Saints et fixe la date du 1er novembre. C'est le pape Grégoire IV qui l'étend au monde entier vers 835-837. (Source Wikipédia)
"Je vis une grande multitude que nul ne pouvait compter, de toute nation, de toute tribu, de toute langue ; elle se tenait devant le trône, vêtue de robes blanches, des palmes à la main ; de ses rangs s’élevait une acclamation puissante : Gloire à notre Dieu" (Apoc. 7, 9-10) !
Le temps n’est plus ; c’est l’humanité sauvée qui se découvre aux yeux du prophète de Pathmos. Vie militante et misérable de cette terre (Job 7, 1), un jour donc tes angoisses auront leur terme. Notre race longtemps perdue renforcera les chœurs des purs esprits que la révolte de Satan affaiblit jadis ; s’unissant à la reconnaissance des rachetés de l’Agneau, les Anges fidèles s’écrieront avec nous : Action de grâces, honneur, puissance à notre Dieu pour jamais (Apoc. 7, 11-14)
L'introït Gaudeamus
Gaudeamus omnes in Domino, diem festum celebrantes sub honore Sanctorum omnium : de quorum solemnitate gaudent angeli, et collaudant Filium Dei.
Ps Exsultate iusti in Domino, rectos decet collaudatio. (Ps 32, 1)
Réjouissons-nous tous dans le Seigneur en célébrant ce jour de fête en l'honneur de tous les Saints ; cette fête cause la joie des anges ; ensemble ils louent le Fils de Dieu.
Ps. Criez de joie pour le Seigneur, hommes justes : hommes droits, à vous la louange
Initialement composé en l'honneur de Sainte Agathe, première vierge martyre, l'introït est étendu ensuite, à cause de sa beauté et donc de sa célébrité à beaucoup de fêtes solennelles. Les mots Agathae Mártyris ont été remplacés ici par Sanctorum omnium. magie du langage, même nombre de syllabes !
L'introït est un hymne à la joie, joie du ciel mais aussi joie sur terre. Composé en mode RE-LA (Mode I) il se décline en deux phrases.
La première est cadencée sur la cadence haute de LA sur les mots Sanctorum omnium, l'objet de notre attention de ce jour !
La deuxième est cadencée sur la finale normale RE du mode RE-LA trouve ses points culminants sur l'accent TATE de SolemniTAte et sur LAUdant de Collaudant et explicite la joie du ciel, celle des anges !
Cette solennité prime sur le 31e dimanche du Temps Ordinaire
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Bonne fête de tous les Saints
XXXIe Dimanche du Temps Ordinaire A, 1er novembre
Introït Ne derelinquas
Ne derelinquas me, Domine, Deus meus,
ne discedas a me : intende in adiutorium meum, Domine virtus salutis meae.
Ps. : Domine, ne in furore tuo arguas me : neque in ira tua corripias me.
Ne m'abandonne pas, Seigneur mon Dieu, ne t'éloigne pas de
moi ; viens à mon aide, Seigneur, force de mon salut. (Ps 37, 22.23 et 2)
Ps. : Seigneur, corrige-moi sans colère et reprends-moi sans violence
"Après la « béatitude» et la joyeuse exhortation de la semaine préoédente – Loetetur cor querentium – , nous voici à nouveau du côté de l’appel angoissé, dans la suite de Si iniquitates et de Ego clamavi. Il y a dans le verset, surtout, incipit du psaume 37, des échos très sensibles de bien du textes qui s’entendent dans la liturgie des défunts. Voisin de la Toussaint, notre dimanche ne l’est-il pas également de la grande Commémoration du 2 novembre ? La voix qui s’exprime à travers Ne derelinquas me rejoint les accents de Job dans les leçons des Martines des morts :
Épargne-moi, Seigneur, mes jours ne sont rien. Qu'est-ce que l’homme, que tu en fasses si grand cas ? pourquoi te tient-il tellement à cœur? Tu I’examines dès le matin, et tout à coup tu le mets à l’épreuve. Allons ! Ne m’épargnes-tu pas à la fin, ne me commettras-tu pas ma dette, le temps que j’avale ma salive ? J’ai péché : que te ferai-je à toi, le Gardien des hommes ? Pourquoi m’as-tu pris pour ton adversaire, et pourquoi suis-je pénible à moi-même ? Pourquoi n'ôtes-tu pas mon péché, ne passe-tu pas sur mon offense ? Car maintenant je vais m’endormir sur la cendre et, si tu me cherches au matin, je ne serai plus là (Job 7, 16, 21).
En ROM comme en GREG, la composition de Ne derelinquas est structurée sur la corde-mère et la dominante RÉ; mais tandis que 1a cadence finale descend d’une tierce (ré-si) dans ROM avec psalmodie du 4° ton, elle descend d’une quinte (ré-sol) dans GREG avec psalmodie du 7° ton. Les lignes mélodiques et ornementales des deux répertoires respectifs sont par ailleurs sensiblement parallèles, surtout dans les passages syllabiques " (Frère François Cassingena-Trévidy dans Chante et marche T. III)
Ce dimanche laisse la place à la Solennité de Tous les Saints
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Commémoration de Tous Les Fidèles Défunts, 2 novembre
Le lendemain de la fête de tous les Saints l'Eglise fait mémoire de tous les Fidèles Défunts et prie pour eux qui attendent leurs heures d'être délivrés et d'être élevés au ciel.
"Le chant d’entrée de la messe pour les défunts rayonne doucement sur toute la liturgie qui leur est consacrée. Les thèmes du repos et de la lumière gouvernent les deux phrases mélodiques qui constituent cet introït célèbre. La prière de l’Église s’élève vers le Ciel en faveur de toutes celles et de tous ceux qui ont quitté notre terre et qui ne sont pas admis encore aux jouissances de la béatitude éternelle, dans le face-à-face inconcevable de la créature avec son Dieu.
L'amour purificateur
Placées dans le creuset de l’amour purificateur, les âmes de nos défunts sont peu à peu rendues aptes à cette union mystique qui fera leur bonheur à tout jamais. Elles sont déjà plongées dans l’amour, mais dans l’amour qui fait mal parce qu’il ne souffre aucune impureté, aucun partage, aucun empêchement au don total. Elles aiment, elles espèrent, elles savent que leur espérance ne sera pas déçue. Elles entrevoient déjà la lumière et le repos, au bout de leur peine et de leur ardent désir.
Des élans sereins et progressifs
Le 6e mode choisi par le compositeur exprime tout cela dans sa sobriété presque enfantine. Les élans sereins mais progressifs qui soulèvent les mots de paix de la première phrase (*), puis les mots de lumière de la seconde phrase, traduisent cette ouverture confiante des âmes du Purgatoire à l’envahissement du divin dans leur être. La mélodie grégorienne entrevoit seulement mais respecte souverainement ce mystère d’amour de l’au-delà. Elle rejoint le silence de nos défunts. Un silence qui voile à nos yeux la plénitude d’acte et la fulgurance de la clarté cachées derrière les pauvres mots humains (« requiem », « lux ») de notre prière. Léon Bloy a compris cela, lorsqu’il dit dans Celle qui pleure :
« requiem æternam dona eis Domine, c’est-à-dire : donnez à ces âmes, Seigneur, d’entrer dans la bataille infinie où chacune d’elles, comme une cataracte retournée, vous assiégera éternellement ».
Pour aller plus loin voir dans https://hommenouveau.fr/invoquer-le-repos-eternel-pour-les-defunts/
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XXXIIe Dimanche du Temps Ordinaire A, 8 novembre 2026
Introït Intret oratio mea
Intret oratio mea in conspectu tuo : inclina aurem tuam ad precem meam Domine. (Ps 87, 3 et 2)
Ps. Domine Deus salutis meae, in die clamavi, et nocte coram te.
Que ma prière s'élève en ta présence : incline ton oreille à ma supplication, Seigneur.
Ps. Seigneur, Dieu de mon salut : je crie vers toi le jour et la nuit.
Les introïts des derniers dimanches de l'année liturgique, selon la forme ordinaire, ont été "piochés" dans l'ensemble du répertoire grégorien pour constituer les formulaires des messes de la fin du cycle du Temporal.
Ces introïts ont été bien choisis et le message qu'ils délivrent est essentiel.
C'est vraiment le cas ici : l'introït Intret orátio mea du samedi des Quatre-Temps de Carême, a été ainsi mis en valeur, accédant au répertoire de la liturgie dominicale.
C'est un chant bref mais intense, qui nous touche forcément puisqu'il parle de la prière, ou plus exactement puisqu'il est une prière en acte.
Le psaume 87 (88 selon l'hébreu) auquel il est emprunté, est la supplication douloureuse et poignante d'un pauvre malheureux qui subit la double épreuve de la maladie et de la solitude, et qui ne voit pas la fin du tunnel. C'est d'ailleurs le seul psaume qui s'achève sur une impression négative, sans laisser de place, apparemment, à l'espérance. Mais l'espérance et l'amour traversent pourtant tout ce poème, d'un bout à l'autre, et en font un chant bouleversant d'intensité : Lire la suite
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XXXIIIe Dimanche du Temps Ordinaire A, 15 Novembre 2026
Introït Dicit Dominus
Dicit Dominus : ego cogito cogitationes pacis, et non afflictionis :
invocabitis me, et ego exaudiam vos : et reducam captivitatem vestram de cunctis locis.
V/. Benedixisti, Domine, terram tuam. Avertisti captivitatem Iacob.
« Mes pensées sont des pensées de paix et non d'affliction, dit le Seigneur ;
vous m'invoquerez et je vous exaucerai, et de tous les pays où vous êtes captifs je vous rassemblerai.
Ps. : Tu as béni ton pays, Seigneur ; tu as fait revenir Jacob de captivité ». (Jérémie, 29, 11, 12, 14 ; Psaume 84, 1)
C'est le dernier chant d'entrée de l'année liturgique. Il clôt la série des dimanches après la Pentecôte selon la forme extraordinaire ; et il n'est suivi que de l'introït de la messe du Christ-Roi dans la liturgie selon la forme ordinaire. C'est donc un chant de fin de cycle, un chant de fin d'année, un chant du soir. C'est aussi un chant d'amour, un chant d'espérance, qui nous ouvre la perspective finale de l'histoire de l'humanité, comme de l'histoire de nos âmes. Lire la suite
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XXXIVème Dimanche du Temps Ordinaire : Solennité du Christ-Roi, 22 novembre
Introït Dignus est Agnus
Dignus est Agnus qui occisus est, accipere virtutem, et divinitatem,
et sapientiam, et fortitudinem, et honorem. Ipsi gloria et imperium in saecula saeculorum. (Apocalypse 5, 12 et 1, 6)
Ps. : Deus, iudicium tuum regi da : et iustitiam tuam filio regis. (Ps 71, 2)
Il est digne l'Agneau immolé, de réunir en Lui, la puissance, la divinité, la sagesse, la force et l'honneur ! A Lui la gloire et la seigneurie pour les siècle des siècles.
Ps. : Dieu, donne ton jugement au Roi : et ta justice au Fils du Roi.
Instituée par le Pape Pie XI en 1925 (Encyclique Quas primas du 11/12/1925) la fête du Christ-Roi a été célébrée jusqu'à la Réforme liturgique de Vatican II le dernier dimanche d'octobre.
" La réforme liturgique consécutive à Vatican II entérine une fête qui compte déjà quarante ans d'existence, mais elle en élargit considérablement, il faut le reconnaître, la perspective théologique et achève de lui donner toute sa stature dans le cycle des fêtes dominicales. La modification est déjà suffisamment assurée par son transfert du dernier dimanche d'octobre (La forme extraordinaire de la Liturgie la maintient toujours au dernier dimanche d'octobre) au dernier dimanche de l'année liturgique puisqu'elle se retrouve désormais, au regard de l'édifice que compose l'ensemble du temps sacré, en situation absidiale: la fête du Christ-Roi propose le Christ-Pantocrator à l'horizon du temps, comme maintes basiliques font de lui la ligne de mire du regardé" (Source Chante et Marche, frère F. Cassingena-Trévedy Les Introïts III page 372 (comme ci-contre le tympan de la basilique de Vézelay).
Pour couronner l’année liturgique, l’Église fête le mystère de la royauté du Christ. Le symbole royal occupe une place centrale dans l’histoire de la Révélation comme nous le livre l’Ancien Testament. Mais il nous faut le libérer de la charge que le passé fait peser sur ces mots : royauté, monarchie, absolutisme, pouvoir arbitraire aux mains d’un seul, etc. Il est indispensable de le situer dans son sens premier : “regere”, assurer une direction, une rectitude, une règle de vie de l’être et de l’agir.
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