imgae temps ordinaireDès le lendemain de la solennité de la Pentecôte nous entrons dans un nouveau cycle de 25 dimanches du temps ordinaire ou PER ANNUM, durant lesquels l'Esprit de la Pentecôte restera présent dans l'Eglise. Ce cycle s'étend de la Solennité de la Sainte Trinité à la Solennité du Christ-Roi de l'Univers qui clore l'année liturgique C

Nous présentons ci-dessous, dimanche après dimanche, une description sommaire, des liens pour que vos puissiez lire et méditer des textes et vous imprégner des chants.

SaintSacrementSolennité du Très Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ, 19 juin 2022

populairement appelée la Fête-Dieu. Célébrée pour la première fois dans le diocèse de Liège en 1247, étendue à l’Église universelle en 1264 par le pape Urbain IV, mais c’est surtout au siècle suivant qu’elle fut mise en oeuvre par deux autres papes français : Clément V († 1314) et Jean XXII († 1334)

"Une grande solennité s'est levée sur le monde : la Fête-Dieu, ainsi l'ont appelée nos pères ; vraiment fête de Dieu, mais aussi fête de l'homme, étant la fête du Christ-médiateur présent dans l'Hostie pour donner Dieu à l'homme et l'homme à Dieu. L'union divine est l'aspiration de l'humanité ; à cette aspiration, ici-bas même, Dieu a répondu par une invention du ciel. L'homme célèbre aujourd'hui cette divine merveille." (Dom Guéranger dans l'année liturgique)

 L'introït emprunt son texte au psaume 80  (Versets 17, 2, 3 et 11) où il est question de nourriture que Dieu procure pour son peuple qu'il a fait sortir d’Égypte
"Il les a nourris de la fleur du froment, alléluia, il les a rassasiés du miel qui coule du rocher, alléluia." (Verset 17)In CibavitEos
La mélodie en mode 2 (RE-FA) se suspendant à la corde aiguë FA et implorant, sait chanter le privilège de nourriture spirituelle (D'après Les modes grégoriens de Dom Saulnier page 58). On remarquera aussi le triple Alléluia final reprend son droit pour cette fête. Le Corps du Christ, nourriture pascale pour le nouveau peuple Israël.

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Solennité de la Nativité de St Jean-Baptiste, 24 juin.

NaissanceJBaptiste« Voix de celui qui crie dans le désert: Préparez les sentiers du Seigneur ; voici votre Dieu (Is 50, 3.9) ! »
Oh ! qui, dans notre siècle refroidi, comprendra les transports de la terre à cette annonce si longtemps attendue ? Le Dieu promis n'est point manifesté encore ; mais déjà les cieux se sont abaissés (Ps 17, 10) pour lui livrer passage. Il n'a plus à venir, celui que nos pères, les illustres saints des temps prophétiques, appelaient sans fin dans leur indomptable espérance. Caché toujours , mais déjà parmi nous , il repose sous la nuée virginale près de laquelle pâlit pour lui la céleste pureté des Chérubins et des Trônes; les ardeurs réunies des brûlants Séraphins se voient dépassées par l'amour dont l'entoure à elle seule , en son cœur humain, l'humble fille d'Adam qu'il s'est choisie pour mère. La terre maudite, devenue soudain plus fortunée que l'inexorable ciel fermé jadis à ses supplications, n'attend plus que la révélation de l'auguste mystère; l'heure est venue pour elle de joindre ses cantiques à l'éternelle et divine louange qui, dès maintenant, monte de ses profondeurs , et, n'étant autre que le Verbe lui-même , célèbre Dieu comme il mérite de l'être. Mais sous le voile d'humilité où , après comme avant sa naissance, doit continuer de se dérober aux hommes sa divinité, qui découvrira l'Emmanuel ? Qui surtout, l'ayant reconnu dans ses miséricordieux abaissements, saura le faire accepter d'un monde perdu d'orgueil, et pourra dire, en montrant dans la foule le fils du charpentier (Mt 13, 55) : Voilà celui qu'attendaient vos pères ! (Dom Guéranger, Année Liturgique). Lire la suite 

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In OmnesGentes 13ToCOmnes gentes 

Tous les peuples, battez des mains ! Acclamez Dieu d'une voix joyeuse.
Ps : Car le Seigneur est élevé et redoutable, grand roi sur toute la terre.

L'introït Omnes gentes est tiré du psaume 46 versets 2 et 3. Le mode 6, dont l'amplitude tourne autour de la tierce FA-LA, avec cependant une pointe en DO pour marque le mot JUBILATE, jubilez, nous plonge dans une joie toute intérieure. 

 Pour approfondir cet introït lire ici >>> le billet spirituel et musical  

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29 juin : Solennité des Saints Apôtres Pierre & Paul 

In NuncScioVereDeux grands figures de l'Eglise qui les fête depuis le Pape Saint Léon (mort en 461)
Le vêtement rouge signifie que tous les deux sont morts, martyrs.
Saint Pierre est le premier disciple qui a suivi le Christ sur la route de Galilée
Saint Paul est appelé par le Christ lui-même après sa Résurrection pour être l'Apôtre des nations. Il n'a pas connu le Christ de son vivant. Il a été même un persécuteur des premiers chrétiens.

Pour approfondir cette fête Dom Guéranger, année liturgique

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In Suscepimus 14ToCSuscepimus, Deus, misericordiam tuam in medio templi tui.
Secundum nomen tuum, Deus, ita et laus tua in fines terrae.
Ps. Magnus Dominus, et laudabilis nimis, in civitate Dei, in monte sancto eius.

Nous avons reçu, ô Dieu, ta miséricorde au milieu de ton temple. Comme ton nom, ô Dieu, ainsi ta louange couvre l'étendue de la terre, ta droite est remplie de justice.

Ps Le Seigneur est grand et digne de toute louange, dans la cité de notre Dieu, sur sa montagne sainte ». (Psaume 47, 10, 11, 2) 

Dom Gajard définit d'un mot le caractère musical de ce chant d'entrée en le qualifiant ainsi : « C'est d'abord un merci à Dieu de tout ce qu'il a fait pour l'humanité... mais un merci joyeux, affectueux, filial : tout y est naturel, simple, allant, gracieux, au début du moins. Ce n'est pas l'action de grâces solennelle ; on est joyeux, on se sent aimé, et on chante, voilà tout. ». 

C'est l'interprétation de toute la première phrase. Il s'agit d'un 1er mode, le mode de la paix, et cela se sent d'emblée, dès l'intonation qui est typique et qui fait penser à l'introït Gaudeamus ou à l'offertoire Jubilate. Le mot misericordiam est doucement enveloppé, avec un accent bien mis en valeur par le double DO aigu. Tout est léger, sans qu'on ait besoin de forcer aucunement les voix. Le tempo est soutenu par l'élan d'un paisible enthousiasme. Aucun excès, mais de la légèreté, partout. 

Avec la deuxième phrase, l'atmosphère change. On est d'ailleurs passé d'un verbe au passé simple (suscepimus : nous avons reçu) à une phrase au présent. De plus on est passé de l'action de grâces à la louange. Enfin, on est passé d'un verbe à la première personne du pluriel (nous) à un verbe à la troisième personne du singulier. Il ne s'agit plus de nous qui avons reçu la grâce et l'amour de Dieu, mais de Dieu lui-même. Pour toutes ces raisons, amplement suffisantes, un changement très net se fait sentir.

Au plan strictement mélodique, c'est déjà bien visible : la mélodie de la première phrase se campait autour du LA, surtout et du FA. Elle touchait quelquefois le DO, plus par manière d'annonce d'ailleurs.
Avec la deuxième phrase, le DO aigu devient clairement la note dominante, attractive, le LA n'étant plus qu'une note d'appui ou de retombée. En outre, les neumes très légers de la première phrase ont laissé la place à des neumes plus larges, et dom Gajard remarque que c'est vrai dans toutes les familles de manuscrits. L'humble merci a fait place à la grande louange. Et le chant s'envole et s'étoffe. Le sommet de la pièce est atteint sur le mot nomen, au tout début de la deuxième phrase. Jusqu'au bout on va rester dans la contemplation de ce nom bien aimé. L'âme, l’Église, est fixée sur les hauteurs, elle regarde et elle aime, dans une sorte d'extase de louange. Oublieuse d'elle-même, du bienfait qu'elle a reçu, elle se donne. Et dom Gajard remarque très profondément que ce passage de la simple contemplation à la grande louange admirative est caractéristique de ce qu'il appelle la méthode d'oraison de l’Église. C'est très juste, cela.
Dans la liturgie, l’Église se manifeste vraiment comme une maîtresse d'oraison. Mais on peut dire qu'elle n'enseigne pas l'oraison, elle la vit.
Très souvent, dans les pièces grégoriennes, on la voit se mettre en oraison en commençant par méditer simplement, par exemple un attribut divin qui la concerne (ici la miséricorde). Et puis, de façon plus ou moins soudaine, on pourrait dire selon la violence de l'Esprit qui la ravit comme de force, elle est emportée dans sa contemplation et elle éclate en une louange qu'elle ne semble plus maîtriser. Elle est toute entière alors sous l'influence de l'Esprit qui joue en elle comme sur une lyre et lui fait rendre les sons c'est-à-dire les sentiments les plus divins. C'est peut-être là que réside surtout le génie spirituel de l'art grégorien, ce qui fait son incomparable supériorité par rapport aux autres répertoires de musique sacrée. On peut penser que ses compositeurs n'étaient pas seulement des artistes mais aussi et surtout des saints et même des mystiques, des âmes d'oraison qui vivaient profondément les mystères du Christ, et qui se laissaient inspirer par eux au sens le plus fort, vraiment.

On peut revenir à notre chant d'entrée pour conclure. La pièce se termine en revenant au grave, non pas dans l'atmosphère joyeuse du début, mais dans une paix solide. Ça aussi c'est une des grâces du chant grégorien. Il finit toujours dans un mouvement intérieur, il recueille en plénitude le fruit de sa contemplation, il fait éprouver le sentiment ultime du salut qui est la paix, la paix après le combat, la paix qui ne finit pas, la paix qui est vie profonde et immense comme l'éternité. Cette mélodie qui s'apaise et qui revient sagement au RE, finale du 1er mode, évoque la plongée de l'âme dans l'océan de paix qui est Dieu. Ici, le dernier mot, c'est la main de Dieu, cette main pleine de justice et de miséricorde, cette main paternelle et vivifiante dans laquelle il fait si bon se réfugier. (Lire l'article complet)

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