imgae temps ordinaireDès le lendemain de la solennité de la Pentecôte nous entrons dans un nouveau cycle de 25 dimanches du temps ordinaire ou PER ANNUM, durant lesquels l'Esprit de la Pentecôte restera présent dans l'Eglise. Ce cycle s'étend de la Solennité de la Sainte Trinité à la Solennité du Christ-Roi de l'Univers qui clore l'année liturgique C

Nous présentons ci-dessous, dimanche après dimanche, une description sommaire, des liens pour que vos puissiez lire et méditer des textes et vous imprégner des chants.

In DeusInAdiutorium L'introït de ce dimanche emprunt son texte au psaume 69 (versets 2, 3 et 4). C'est un appel individuel (Dieu vient à MON secours). 

"La présence exceptionnelle de ce verset, en ce dimanche, au début de la liturge eucharistique, invite à penser la fragilité humaine comme l'assise irremplaçable de toute action liturgique et à envisager son assomption dans la dynamique sacramentelle"  'Père F. Cassingena-Trévidy in Introït III page 149) 

L'antienne se compose très clairement de trois propositions
A- Deus, in adiutorium meum intende ... (cadence sur DO)
B- Domine, ad adiuvandum me festina ... (césure importante du discours sur DO)
C- confundantur et revereantour inimici mei ...(cadence secondaire sur LA)
    qui quaerunt animam meam ... (cadence ffinale sur SOL, étrangère à la couleur de l'introït)
Deus, in adiutorium meum intende
L'intonation est déclamatoire, invocatrice, avec son intervalle de quarte DO-FA et sa coupure neumatique expressive, (pes quadratus, tenete E) qui invite à ne pas escamoter le FA. Mais il ne faut pas se reposer après ce vocatif clair et franc : la phrase entière doit fuser d'un trait pour répondre à sa nature d"appel au secours. L'accent tonique de adiutorium, mot thématique fort de la pièce, représente bien sur un pole attractif. On remarquera comment il est préparé par deux punctum legers. Un récitatif s'amorce sur la corde FA: le dessin mélodique adiutorium meum n'est pas sans évoquer a l'oreille la formule de Deus in adiutorium qui ouvre la célébration des Heures de l'office divin : do-re-do-si-do, ou do re-do-si bemo-do-do.
Domine, ad aduvandum me festina
Nouveau vocatif, différencié du précédent par sa structure mélodique inversée qui met l'accent au grave. Sur la finale de Domine, le demi-ton mi-fa-mi ajoute une discrète nuance d'expectative. Le dessein mélodique de adiuvandum, descendant - condescendance de I'aide sollicitée - forme  antithèse avec  celui de adiutorium ascendant. On veillera scrupuleusement à assurer une bonne conduction mélodique (parce que logique) entre adiuvadum et me ; au demeurant le pes quadratus (E) est là pour garantir au pronom personnel (désignant de surcroît l’intéressé) toute sa présence, toute son intensité, et assurer le retour a la corde FA. La première syllabe de festina a la légèreté d'une broderie, cependant que la cadence du mot forme une rime musicale avec intende de la phrase précédente (le processus d'écriture est une sorte d'indicateur rhétorique quant à la symétrie des deux propositions, autrement dit une traduction musicale du parallélisme biblique), Recommandé a une attention particulière par la triple pulsation unissonique sur l'accent de adiuvcandum, le degré Do est très sensiblement présent dans l'ensemble de la phrase.
 Confundantur et revereantur inimici mei qui quaerunt animam meam
La corde DO se fait encore plus éloquente dans ce passage dont le quasi syllabisme s'accorde particulièrement avec I'espèce de sommation énergique qui est exprimée. L’écriture pneumatique est cursive (nombreux punctum legers), sauf à ce que la syllabe prétonique de confundantur prépare la diction de l'accent par une double pulsation unissonique (bivirga avec augete), La finale de confundantur est assortie d'un statim (L),"aussitôt", et celle de revereantur d'un humiliter (L), "en descendant". On remarquera le parallélisme entre les deux verbes confundantur et revereantur : même fioriture sur l'accent tonique, même déposition sur le DO. Dans son rigoureux syllabisme, le mot inimici (un autre mot-clef de cette antienne) demeure très expressif, très proche du parlando, avec sa syllabe accentuée située a un degré seulement au-dessus de la corde ; les deux uncinus successifs de la syllabe accentuée et de la syllabe de déposition répondent aux deux punctum successifs des deux syllabes protoniques.  De ce double points de vue de la vigueur du ton et de la sobriété neumatique, on comparera cette écriture de inimici à cette même mot dans l'introït Dominus illuminatio mea (10e dimanche du temps ordinaire ), dans le graduel Adiutor (samedi de la 1ère semaine de Carême) et dans l'offertoire Ad Te levavi. (1er dimanche de l'Avent) La mélodie atteint une première fois la finale modale sur mei dont la cadence sur LA évoque néanmoins le protus ; quaerunt animam est intense, "animé" 'suite d'uncinus expressifs), l'articulatiuon de animam et de meam solidement assurée par un pes quadratus.  (Père Cassingena-Trevidy dans Introïr III)

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19ToTempête apaisée

Respice in me et miserere mei, Domine: quoniam unicus et pauper sum ego: vide humilitatem meam et laborem meum: et dimitte omnia peccata mea, Deus meus.
Ps. Ad te, Domine, levavi animam meam: Deus meus, in te confido, non erubescam.

L'introït Respice in me (Rappelle-toi, Seigneur...) en mode VII (SOL/RE) emprunte son texte au psaume 73.

Rappelle-toi, Seigneur, ton alliance, et n'oublie pas pour toujours la vie de tes pauvres. Lève-toi, Seigneur, défends ta cause, et n'oublie pas les cris de ceux qui te cherchent. 
V/. Pourquoi, Dieu, nous rejeter pour toujours, pourquoi cette fureur contre les brebis de ton pâturage ?

Respice Rappelle-toi ; Ce mot revient fréquemment dans la liturgie. En ce jour dans l'introït il sonne non pas pour l'individu ME (moi) mais pour tout un peuple. Rappelle-toi de ton Alliance ! Pour aller plus loin >>>

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20e dimanche du temps per annumL'introït Protector noster 

Dieu notre protecteur, regarde et considère le visage de ton Christ, car un jour passé dans ta maison en vaut plus que mille. (Psaume 83, versets 10 et 11) 
Ps.Que tes sanctuaires sont aimables, Seigneur de l'univers, mon âme s'épuise à désirer les parvis du Seigneur. (Psaume 83, versets 1 et 2)

prend son texte du psaume 83 (Quam dilecta) qui est un psaume de pèlerinage vers le Royaume. Et il est dit que c'est le Christ qui nous ouvre le chemin de ce Royaume (in faciem Christi tui)

La pièce en mode IV (présentent 4 "pics" mélodiques bien révélatrice de l'intention rhétorique et priorités théologiques du compositeur : aspice (avec SOL-DO), Christi (avec DO-RE-DO), una (avec LA-SI-DO-SI),etla belle décoration sur millia .

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AssomptionNotreDameLa liturgie propose deux introïts au choix

  • Le premier Signum magnum tiré du livre de Apocalypse au chapitre 12, verset 1 et du psaume Ps. 97  comme verset en mode VII (SOL/RE) d'une allure dynamique et de haut vol bien adapté à l'événement. La musique suit de près le texte qui nous chante la gloire de Marie élevée au ciel.
  • Le deuxième Gaudeamus d'une posture plus classique, un des plus anciens introïts composés à la gloire de Sainte Agathe, première Vierge martyre, morte en 251. Les paroles Agathae martyris ont été changées en Mariae Virginis et de cujus passione en de cujus solemnitate

L'originalité de ce jour réside en le GRADUEL Audi filia dont la musique en mode VII (SOL/RE) nous transporte en hauteur avec la Vierge Marie. Ce graduel chante à l'origine la gloire des Vierges martyres ou pas que l'Eglise honorent depuis le début de son existence. Marie est la vierge des vierges.

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Bonne fête de l'Assomption

21e dimanche du temps per annumL'introït Inclina, Domine, aurem tuam emprunt son texte au Psaume 85, versets 1.2.3.4

Tends ton oreille vers moi, Seigneur, et écoute-moi. Sauve ton serviteur, mon Dieu, car il espère en toi. Prends pitié de moi, Seigneur, car je crie vers toi tout le jour. 
Verset :. Réjouis l’âme de ton serviteur, car vers toi, Seigneur, j’ai élevé mon âme.

"Le Seigneur est prié aujourd’hui de se pencher, c'est à dire de montrer sa douceur et sa tendresse : le Destinataire de notre chant est un Dieu enclin. Un Dieu qui ne prête pas seulement l’oreille, mas qui l'incline, ce qui est un  faible bien plus considérable encore... on ne peut écouter sans se pencher , non par simple condescendance, mais par affection. Et comment pourrions-nous demander à Dieu d'incliner son oreille sans incliner la nôtre ? Comment pourrions-nous écouter la Parole de Dieu, sans écouter le son - sans regarder le dessin du son que produit notre propre parole lorsqu'elle énonce la Parole de Dieu ? " (Père François Cassingena-Trévidy dans CHANTE et MARCHE Tome III  P 190)

Cette inclination est porté par une belle musique en mode I (RE-LA) qui nous attire à l'oreille de Dieu et qui nous fait coller l'oreille de Dieu à notre oreille.

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22e dimanche du temps per annumL'introït  Miserere mihi Ps 85, 3.5 et 1

« Prends pitié de moi, Seigneur, car je crie vers toi tout le jour : Seigneur tu es bon et doux, riche en miséricorde pour tous ceux qui t’invoquent. Incline ton oreille, Seigneur et écoute-moi, car je suis faible et pauvre. »(Psaume 85, 3, 5, 1)

"Voilà un phénomène assez singulier dans le répertoire grégorien. Cet introït suit, dans les deux formes du rite latin, l’introït du dimanche précédent. Or il est précisément tiré du même psaume et utilise en partie le même texte, avec des différences et une complémentarité assez remarquables. Cela vaut le coup de mettre un tel rapprochement en évidence." Lire et approfondir la suite de cet introït

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